Lettre à ma mère

L'alzheimer La testeuse

Nous parlons rarement de sujets tabous comme la maladie cognitive. Mais de savoir reconnaitre les signes et symptômes de l’Alzheimer peut faire une grande différence dans la vie des personnes atteintes.
Voici un touchant témoignage de Céline qui a traversé ce chemin avec sa maman malade jusqu’à son dernier souffle…

Lettre à ma mère

Tu étais une femme tellement droite et rigoureuse. Tu avais un port de tête de reine. Le droit à la faiblesse et à l’erreur t’étaient interdit. Ainsi qu’à tes proches. Tu m’as donné le sens du devoir, la force de caractère et l’envie de faire les choses différemment…Jusqu’au jour où de ton fauteuil roulant, tu as levé les yeux vers moi, une mèche de cheveux de travers, sans maquillage ni vêtement parfaitement pressés et tu m’as dit « tu es tellement belle ma fille ».
Tu étais devenue une autre personne. Chaleureuse et aimante, comme j’en avais toujours rêvé. Et trois ans après ton départ, je réalise que ce sont les premières images qui me viennent en tête quand je pense à toi.
Parce qu’on connaît un peu notre historique familial, nous savions que l’Alzheimer pouvait frapper à tout moment. Tu avais 80 ans quand j’ai commencé à réaliser que tu oubliais des choses si simple comme mettre de l’eau dans les fèves pour les faire bouillir avant de faire des fèves au lard; recette que tu avais faite 1000 fois auparavant.
J’ai dû faire preuve de ruse pour t’amener à consulter parce que ta fierté et ton orgueil prenaient trop de place. Après plusieurs rendez-vous et des tests qui étaient pourtant les mêmes à chaque fois, tu as aussi réalisé que tes réponses s’envolaient de ton esprit avant de pouvoir sortir de ta bouche.
Mais rapidement ton état a changé. Tu voulais te sauver, tu as oublié comment manger avec des ustensiles. Des professionnels sont venus adapter ton logement, mais tu as dû déménager pour avoir plus de surveillance. Tu te plaignais de ne plus pouvoir lire tes romans comme avant. On est allé consulter pour changer tes lunettes. Le problème ce n’était pas tes yeux, c’était ta connaissance des mots qui s’envolait encore trop vite.
Tu as fini par tomber et te blesser. Je t’ai loué un superbe appartement sécuritaire avec toute l’aide dont tu aurais besoin. Je l’ai décoré à ton goût. Je t’ai acheté des vêtements adaptés qui feraient honneur à ton bon goût. Malheureusement, tu n’as jamais pu visiter ce logement. Tu as dû rester au CHSLD suite à la découverte d’une grosse tumeur dans ton cerveau. J’ai fini par accepter. Je t’ai accueilli dans ton nouvel état. J’ai pardonné ton état du passé. Et quelques semaines plus tard, tu es partie.
J’ai quitté l’hôpital avec tes lunettes, tes boucles d’oreilles, ton rouge à lèvres et l’impression d’avoir vécu avec toi jusqu’au bout. Je me suis accroché aux souvenirs que la maladie t’a volé. Je les écris maintenant pour tes petits-enfants et les miens. Un jour, je vais peut-être oublier le son de ta voix ou l’odeur de ta maison. Mais je n’oublierai jamais d’où nous venons.

Ta fille

Les amis de la santé cognitive

Si vous êtes touchés de près ou de loin par cette maladie, sachez qu’il existe plusieurs ressources pour vous supporter. Des organismes comme Les amis de la santé cognitive vous aident à vous renseigner sur les réalités de la maladie et vous apprendre à poser des gestes simples pour aider les personnes atteintes à vivre mieux.

Apprenez à déceler les premiers signes de l’Alzheimer et dès l’apparition de ces signes, consultez rapidement un médecin. Un diagnostic précoce peut faire une grande différence.

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Bien que ce témoignage soit généreusement commandité par « Amis de la santé cognitive», les opinions et le langage qu’il contient sont les miens, et ils ne reflètent d’aucune façon « Amis de la santé cognitive ».

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