La pilule du bonheur

La pilule du bonheur La Testeuse

Exit la lune de miel… out!

La médication est une chose. Mais trouver la bonne dose, celle qui agira pour le mieux, sans trop produire d’effets secondaires, en est une toute autre. Je me sens comme une ado qui voudrait reproduire les papillons dans son ventre, à son premier baiser… Mission impossible?

La première semaine, on se dit que c’est un miracle encapsulé; du bonheur en pot! Calme, sérénité, épaules vraiment détendues, structures cognitives ultra fonctionnelles, dans le moment présent, pas de projection sur le «tantôt». C’est le gros «ici, maintenant». Wow!

Mais ça ne dure pas.

Il faut ajuster et s’ajuster; trouver la plus petite prescription efficace. Comment la trouver, cette dose de jouvence! Parce que doucement, pour ne pas dire sournoisement, les effets s’estompent. Le corps semble s’habituer. Jusqu’au point où avaler un placebo ferait probablement plus d’effet. Enrageant.

Et puis il faut se battre pour rejoindre le doc. «Il est en vacances, rappelez dans deux semaines», «Laissez-moi le message, je le lui transmettrai», «Madame? C’était pour quelle médicament déjà, la prescription?», «Le médecin souhaite vous rencontrer. Prochain rendez-vous disponible dans 2 mois»…

Si bien qu’à un certain moment on se tanne. Et on arrête de prendre ce qui semble produire autant d’effet qu’un bonbon rose bien sucré. Non, mais je n’avalerai pas de «stimulant légal en boîte» pour le fun! Aussi bien garder mon estomac loin des borborygmes étranges rattachés à ce cocktail pharmaceutique.

Mais… ton fiston, tout aussi TDA-I que toi, tu l’obliges à continuer, lui…

Et pis quand on a enfin la nouvelle prescription, bin ça fiche la trouille. On recommence avec la vieille dose, pour se réhabituer, ou on y va directement avec la nouvelle? Je sais que je serai tellement bien quand je retrouverai la paix intérieure…Mais ce sera QUAND?

Pis là, contre toutes attentes, t’es déçue. Même avec la nouvelle dose que tu supposais providentielle.

Parce que les effets attendus ne sont pas au rendez-vous. Quelques-uns se manifestent, mais pas à l’échelle escomptée. Tu repasses donc de la maman zen à celle qui se sent envahie par tout, qui a autant de concentration qu’un poisson rouge et pour qui un subtil bruit dans la ventilation peut ruiner tout un avant-midi de travail!

Fiston, tu vis ça aussi? C’est difficile donc pour toi…

Et je ne parle pas des effets secondaires qui, eux, ne semblent pas oublier le rendez-vous. Bizarre comme ils se pointent sous différentes formes et à des intensités tellement variables. Tu te mets soudain à comprendre un peu mieux fiston, puisque comme lui, tu sautes le dîner, mais tu dévores ton souper. Tu déjeunes un peu plus tard que d’habitude ce matin? Oublie ça… rien ne passera. Toujours partante pour des chips par contre… Passer d’une alimentation A-1 à un semblant de «mauvais buffet cheap du boulevard Taschereau» est maintenant chose possible. Sans compter les nuits où, à 2h18, t’as toujours pas fermé l’œil. Tu te dis que ton fils, il est bon en mausus…

Mais tu rationalises.

Tu te dis que c’est une question de temps. Que la maman zen n’est pas très loin. Qu’elle peut revenir, même sans médication. Que c’est à toi de parler au singe, dans ton cerveau. Que le chemin est tracé, que la médication t’aide à débroussailler le sentier. Que les effets secondaires sont loin d’être si terribles…

Et tu te dis tout ça aussi parce que t’es une maman déterminée. Super persévérante. Hyper créative. Et pleine de ressources. Jamais en manque de solutions. Et toujours partante pour de nouvelles aventures!

Finalement, quand tu y penses, tu réalises que tu es AUSSI tout ça! Mais encore mieux… et ton fils AUSSI.

*Suivez Valérie sur sa page Souliers de course et Talons hauts

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