Les hauts et les bas de ma forme physique (ou le jour où j’ai enfin compris)

Les hauts et les bas de ma forme physique La Testeuse

J’ai connu la vraie forme. La forme qui t’illumine. Celle qui te donne tellement une bonne posture que tu grandis de 3 pouces. Celle qui te permet de monter huit sacs d’épicerie à ton condo au 2e étage avec la grâce d’une ballerine (et avec le sourire!). Celle qui encourage certains à suivre ton exemple, qui en rend d’autres jaloux, bref, qui fait jaser. La forme olympienne, qui te fait dormir comme un bébé, qui efface tous les symptômes de ton supposé « colon irritable ».

Les compromis

Les habitudes de vie qu’exige cette dite forme de « dieu grec » allaient parfaitement bien avec ma vie de jeune professionnelle célibataire habitant seule. Bien sûr, faire de l’elliptique à 5h30 du matin ne dérangeait personne, pas plus que les 4 ingrédients qui composaient mon alimentation.

J’étais en santé, je retrouvais ma confiance en moi, et j’ai par le fait-même trouvé l’homme de ma vie. Mais séduire l’homme de ta vie à coup de poulet sec et de brocoli sans sel, on repassera pour le fun. Alors ces belles habitudes de vie un brin extrêmes auront duré quelques mois. Et je suis retournée au point de départ en moins de deux ans, c’est-à-dire molle et décrépie. Heureuse, mais molle. Et je pensais que j’avais atteint le « boutte du boutte », que mon absence de muscles, mes nuits absolument pas réparatrices, mes problèmes de digestion, mes maux de dos, c’était le pire qui pouvait m’arriver en termes de forme physique.

C’était avant d’avoir le bonheur de donner la vie, il y a quelques mois (l’autre homme de ma vie est arrivé le 4 décembre 2015 ). On ne m’avait pas dit qu’on pouvait avoir une masse musculaire dans le négatif (j’exagère à peine). J’ai été retirée du travail à 16 semaines parce que je n’avais plus assez de muscles pour demeurer assise plus de 30 minutes. Ma faute, « my bad ». Je suis hyperlaxe, ce qui implique que mes ligaments sont aussi vaillants qu’Homer Simpson. Je dois donc avoir des muscles forts pour compenser, si je ne veux pas devenir « liquide ». Et la merveille, c’est qu’enceinte, ils font quoi les ligaments? Ils s’étirent pour laisser passer bébé, les coquins. Double dose de « lousse » pour mes ligaments. J’étais (je croyais) au pire de ma forme avant ma grossesse, alors je l’ai cherchée, ma grossesse toute croche. Chapeau championne. Et j’ai eu la joie de faire du diabète de grossesse, « my bad » également. Surplus de poids, absence de muscles, je ne me suis pas donné beaucoup de chances.

L’équilibre

Les hauts et les bas de ma forme physique La Testeuse

(Crédit photo: Marie-Michèle Blais)

Tous ces fabuleux aspects de ma grossesse m’ont donné la motivation nécessaire pour me remettre en forme sur-le-champ, après ma grossesse. J’ai accouché et je me voyais déjà faire du jogging avec ma poussette. Mais l’ostéopathe m’a gentiment remise à l’ordre : si je ne veux pas me retrouver avec la vessie dans le vagin, avec mon plancher pelvien détruit (excusez mon langage cru mais c’est ce que j’en ai compris), je dois prendre ça relax, remonter la pente un jour à la fois. Frustrée la fille.

Bref, j’en suis venue à me questionner, avec mon bébé dans les bras. J’ai bien connu les extrêmes en termes de forme physique et j’ai envie de trouver un équilibre. Être belle en maillot, j’ai compris que ce n’était pas une bonne source de motivation pour moi. Ma motivation, c’est mon fils qui me l’a apportée en même temps que tout son amour. Je veux trouver la forme qui me permettra de le lancer dans les airs jusqu’à ce que ses « encore! » cessent, et non parce que j’ai mal au dos. La forme qui fera que je peux courir avec lui durant des heures sans me fatiguer. Celle qui me motivera à cuisiner avec mon fils des recettes délicieuses dans le but d’être en santé et d’avoir du plaisir à manger, et non pour être « slim ». Celle qui me permettra de fabriquer un frère ou une sœur à mon Loulou sans avoir à lui dire que je ne peux pas le prendre à cause de mon dos. Celle qui fera de moi, bref, une meilleure maman.

J’ai compris. J’ai trouvé mon équilibre dans les yeux de mon « p’tit lapin ». Il m’aura fallu visiter les extrêmes pour comprendre.

Et vous, c’est quoi votre équilibre?

Marie-Chantal Favreau

Orthophoniste et nouvelle maman

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